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Tatoo

p1010467.jpgUn petit détour par STUDIO à Rennes: une super équipe que je vous conseille !
 Merci milles fois à eux, et merci à VTKS design pour le graphisme ;)

Interview sur le mouvement gothique

En juillet 2012, j'ai eu l'immense plaisir de recevoir deux étudiants rennais qui cherchaient à en savoir un peu plus sur le mouvement gothique. j'ai essayé de les aider avec mes moyens. Difficile de parler au nom d'une communauté, c'était à la fois très compliqué et extrêmement plaisant.

Merci aux étudiants de m'avoir envoyé cette retranscription.

Voici la retranscription directe de cette interview audio :

A/M : […] du coup on doit s’intéresser à une culture, du coup on a pris la culture gothique, je sais pas, on trouvait que c’était…enfin nous on ne la connait pas quoi, et on trouvait que c’était pas très connu et il y a souvent des images qui sont véhiculées et on avait envie d’en savoir plus du coup…

Elen : Donc comme je vous l’ai dit, personnellement je ne suis pas gothique.

Oui oui.

En fait les gothiques se caractérisent beaucoup par la musique qu’ils écoutent. Et donc du coup ce que j’écoute, ce n’est pas à proprement parler de la musique gothique, c’est du métal-gothique-symphonique, donc c’est un dérivé davantage du métal, du heavy métal. La musique gothique est elle plus dérivée du punk […]. Donc c’est deux branches. Mais le gothique symphonique s’inspire d’éléments gothiques.

OK, et d’après vous le gothique, ce n’est que la musique ? Il n’y a pas d’autres points culturels ?

Si bien sûr, mais on se définit beaucoup par la musique que l’on écoute. Mais aussi par les autres points culturels, la littérature, l’habillement, l’attirance personnelle. C’est assez vaste en fait.

Est-ce que vous pouvez développer sur ces points ? La littérature par exemple…

Vous voulez savoir les origines littéraires du gothique ?

Oui par exemple

Ça s’inscrit dans…ça commence par le 18ème siècle, ça s’inscrit dans la littérature gothique anglaise et le romantisme, le romantisme noir allemand. Qu’est-ce que vous voulez savoir…

Les thèmes peut-être, les thèmes récurrents ?

Les images récurrentes, il y a les cimetières, les manoirs, les vieux manoirs hantés, les fantômes, les donjons, les oubliettes, les salles de tortures, donc voilà, très imaginaire médiéval sombre. Un imaginaire médiéval relié au 18ème/19ème siècle. Toujours dans la littérature, il y a toujours un désir de voir ce qui s’est passé avant, de s’inspirer de ce qui s’était passé avant. Comme au 16ème siècle, on s’inspire de l’antiquité, au 18ème siècle, on s’inspire du 16ème siècle, au 17ème siècle, on s’inspire aussi dans l’antiquité, au 19ème, on s’inspire du moyen-âge et du coup au 20ème siècle, on s’inspire du 19ème qui s’inspire du moyen-âge.

Alors en fait, on a trouvé justement quelques définitions, on voudrait savoir un peu votre point de vue, donc si ça vous dérange pas je vais les lire, il n’y en a que deux. Alors la première « Ce que l'on désigne par mouvement gothique est une sousHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-culture"-HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-culture"culture apparue entre la fin des annéesHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Années_1970" 1970 et le début des annéesHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Années_1980" 1980 au RoyaumeHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume-Uni"-HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume-Uni"Uni. Elle est issue des mouvements musicaux punk, postHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Post-punk"-HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Post-punk"punk et newHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/New_wave_%28musique%29" HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/New_wave_%28musique%29"wave et s'inspirait initialement du cinémaHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Cinéma_expressionniste" HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Cinéma_expressionniste"expressionniste allemand, du fantastique et du romanHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_gothique" HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_gothique"gothique ». Et donc la deuxième définition : « Le mouvement gothique apparaît plus simplement comme une sous-culture, non conventionnelle certes, mais déterminant des manières de penser, d'agir et de vivre propres à un groupe particulier au sein d'une société complexe ». Quel est votre point de vue en fait sur ces deux définitions ?

Alors les deux définitions sont exactes. La première se base plus sur les racines et la deuxième plus sur la société actuelle. Aussi le mouvement gothique, c’est aussi un désir de faire partie d’un groupe, une sorte de volonté de faire partie d’un groupe marginal paradoxalement, être à la fois inscrit et accepté dans une sorte de convention on va dire, faire partie d’un groupe c’est agréable, et en même temps être vu comme quelqu’un d’à part. C’est assez adolescent en fait comme psychologie quelque part de vouloir à la fois être intégré à un groupe et à la fois vouloir être marginal. Alors ça c’est le premier désir paradoxal, le deuxième désir paradoxal, c’est à la fois de vouloir quelque part choquer la société avec des représentations un peu effrayantes voire morbides, représenter du sang, et à la fois tout en choquant, vouloir être bien vu de la société. Les gothiques se plaignent beaucoup d’être rejetés, ce genre de choses mais en même temps…

Vous pensez que derrière la critique d’être mal vu de la société, il y a le désir de s’intégrer quand même ?

Ben tout le monde, tout le monde veut s’intégrer à la société un peu quelque part, évidemment. C’est pas facile de vivre en marge de la société. C’est pas un choix simple.

Après quand vous dites qu’ils se sentent marginaux par rapport à la société, vous pensez que cela à un rapport avec leur esthétisation ? Que c’est un moyen de se démarquer ?

Oui d’exprimer son individualité, oui je pense. Je pense….c’est très difficile à définir le mouvement gothique, justement à cause de ça. Parce que c’est une confrontation d’éthos, d’individualités qui ont chacun leur point de vue, qui ont chacun leur mot à dire qui fait la complexité et en même temps la richesse de ce mouvement, c’est pour cela que vous êtes là en fait.

Oui on essaie un peu de comprendre les grands éléments de ce mouvement et donc on a abordé un point de vue culturel, donc vous avez parlé de la musique, est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Quels sont les musiques qui reviennent le plus souvent dans le mouvement gothique ?

Alors il y a beaucoup beaucoup de dérivés. Justement le Punk a donné naissance, cette une racine qui a donné naissance à beaucoup de dérivés. On a eu le cold new wave avec The Cure, on a eu les Sisters of Mercy. A chaque fois c’est des embranchements différents. On a eu une branche un peu plus mystique, un peu plus vocale avec les Dead Can Dance, mais à chaque fois, on retrouve un univers sombre, on retrouve de l’imaginaire victorien, dans tous. On retrouve une recherche, comme je le disais, la recherche du 19ème et donc du Moyen-Age, à chaque fois on a un rebondissement, et puis dans l’esthétisation, on a un côté très théâtral, très shakespearien en fait, ben justement avec les références à des manoirs, des cimetières, on retrouve ça chez tous ces groupes là.

Et c’est un truc qui pour vous est propre à la culture gothique ?

Oui la théâtralisation oui. Complètement. Les décors, les personnages théâtraux qu’on retrouve dans Shakespeare comme les sorcières, les vampires, les chevaliers, les fantômes, ce genre de créatures, qu’on retrouve un peu dans les films.

Elle se retrouve dans la musique ou dans d’autres domaines cette théâtralisation ?

Ben dans la littérature, dans les films, dans la déco. Voilà et éventuellement dans les loisirs aussi. Personnellement, je fais énormément de jeux de rôles, et dans les jeux de rôles il y a beaucoup soit des métalleux soit gothiques, il y en a énormément en fait. J’en ai croisé beaucoup. Donc il doit y avoir une attirance aussi pour justement le côté théâtral du jeu de rôle. Et dans les jeux de rôle, il y a beaucoup de jeux de rôle qui s’inspirent des univers gothiques et fantastiques. Il y a un jeu de rôle qui s’appelle « Vampire » par exemple qui se base au 19ème siècle, enfin pour la Mascarade, qui est complètement, complètement inspiré de l’univers du victorien et celui-là il attire.

Et comment vous avez découvert la culture gothique ?

Ola ! Par goût littéraire d’abord. Ça a commencé en 5ème avec Stephen King et puis j’ai commencé à dériver sur les Edgar Poe, les Maupassant, les Stevenson, j’ai commencé à m’y intéresser par là. Et voilà petit à petit, je me suis retrouvée dans des groupes de jeunes qui lisaient les mêmes choses que moi et puis voilà finalement on s’est trouvé des points communs.

Et puis après c’est passé de la littérature à la…

A la musique oui. J’écoutais déjà pas mal de musique…Marilyn Manson, ce genre de choses. Ce qui est bien avec ce genre de groupes, comme Marilyn Manson, Christian Death ou Dead Can Dance, c’est qu’on les retrouve chez les métalleux comme chez les gothiques en fait. Typiquement quand j’étais jeune, je ne sais pas si ça existe encore, si sûrement, il y avait deux magazines, il y avait Elegy qui était plus orienté pour les gothiques et Hard N’ Heavy qui était pour les métalleux. Et c’était vraiment ciblé commercial, voilà on cible ces deux groupes. Et Il y avait des gens comme moi qui se retrouvaient dans les deux. Notamment ces deux là, c’est comme ça aussi… Donc voilà il y avait la littérature et la musique.

Et justement au niveau de l’évolution du mouvement gothique, est-ce que le mouvement gothique va plus vers le métal ou est-ce un mélange des deux ?

Oui et non. Je parle de mon expérience personnelle, le forum sur lequel vous m’avez trouvée. Je me suis présentée et puis on m’a dit, t’as rien à faire là, t’es pas gothique, t’es métalleuse. Donc l’intégration et le mélange des deux, j’ai un doute…même si les deux se retrouvent dans plein plein de choses, mais c’est plus les métalleux qui s’inspirent des gothiques que les gothiques des métalleux.

Et quelles sont les points communs entre les deux, comme vous dîtes qui s’inspirent les uns des autres, est-ce qu’ils ont des point communs ?

Ben pour le métal-gothique-symphonique, pour le coup on est très dans la théâtralisation shakespearienne. Donc c’est le point commun. Un groupe comme Therion par exemple, l’arrière fond de leurs concerts, ça représente un donjon avec deux chaînes, des vitraux…enfin ça c’est l’arrière-scène. Les filles sont en corsets, très 19ème avec les longues robes, les garçons : chapeaux haut-de-forme, chemises à jabot, redingotes, la canne. Enfin là pour le coup la différence entre gothiques et métalleux est assez subtile.

C’est du gothique romantique ?

On est dans le gothique romantique. Et pourtant ce sont des métalleux.

Alors en fait, on a trouvé des caricatures sur des gothiques sur Internet et on voudrait connaître votre avis et votre réaction, qu’est-ce que cela vous inspire ?

[regarde les caricatures]

Alors celle là « ah les gothiques, vous voulez dire les sataniques », alors c’est vrai qu’il y a une confusion assez forte entre les deux parce que les gothiques, alors je vais faire des généralités, les gothiques aiment les mysticismes, tout ce qui est mystique, et ont tendance à avoir des symboles un peu cabalistiques, un peu mystérieux, un peu occultes, et pour le commun ces symboles ont attrait au satanisme vu qu’ils ne connaissent pas et que c’est mystique « c’est mystique donc satanique ». On va penser à Satan, et Satan c’est le mal, c’est la douleur, c’est la torture et c’est pas bien, sans essayer de connaître. Et du coup le gothique ce n’est pas bien. Donc tout à fait.

Donc il y a un amalgame qui est fait par les personnes non informées ?

Oui après il y aussi…c’est le problème des mouvements dits « fin de siècle », des mouvements qui ont tendance à tomber dans la décadence. Il y a aussi des gothiques satanistes, ça existe, il y en a même pas mal, j’en ai rencontré.

[regarde les autres caricatures]

Très drôle celui là « allez tous avec moi ».

Et au-delà de la blague, comment ça vous fait réagir ?

Oh, c’est un bon humour. [réfléchit sur la caricature], bon on parle du suicide ? [rires]. Oui c’est le problème aussi de l’attrait du sombre et du « je suis marginal et je veux m’intégrer mais j’arrive pas à m’intégrer parce que je suis marginal », c’est que ça peut, et ça entraîne un certain mal-être, un mal dans la peau : mouvement décadent encore une fois que l’on retrouve au 19ème siècle. Décadence fin de siècle, décadence fin de millénaire. Attirance pour le…décadent, donc ce qui est sexualité débridée, masochisme et ce genre de chose et suicide, la mort. Mais enfin dans la mort, il y a aussi éthos et thanatos, il y a aussi « n’oublie pas que tu vas mourir » le « il faut en profiter un max, parce que surtout n’oublie pas que tu vas mourir ». Il y aussi un peu de ça.

Vous voulez dire profiter de la vie ?

Oui à mi-chemin entre l’épicurien et le stoïcien. On est plus dans le stoïcien, mais c’est ça, il y a aussi de ça dans la représentation en noir, un peu endeuillée, il y a aussi le côté « n’oublie pas que tu vas mourir ».

[regarde la troisième caricature]

Et donc la troisième, je suppose que ça parle de la méconnaissance.

[s’occupe de son bébé]

Ça va avec la méconnaissance de la société sur le mouvement, je suppose.

Qu’est-ce que vous en pensez justement de cette méconnaissance ?

Qu’est-ce que je pense de la méconnaissance ? Qu’est-ce qu’on pense de la méconnaissance des gens en général ? [rires] Quand on dit que les que les rôlistes sont des pilleurs de tombes. Vous avez entendu parler de ça ?

Non

C’était à l’époque des…c’était dans les années 80/90, à l’époque des émissions des faits de sociétés et autre. Il y avait un petit groupe de, qui se revendiquait nazi, qui avait cassé des tombes, qui avait mis des croix gammées partout ces gens-là faisaient des jeux de rôles. Alors ça y est les rôlistes… ! [rires]. Donc voilà, la méconnaissance des gens en général.

Maintenant on aimerait vous montrer une vidéo. C’est un documentaire sur les gothiques, fait par Olivier Delacroix, je ne sais pas si vous connaissez, sur France 4.

Ah oui oui. C'est... y a Rosa Crux dedans. C'est là où on les voit qui répètent dans une grotte.

Il y avait deux petits extraits que l’on va vous montrer.

[premier extrait vidéo « Pourquoi Marilyn Manson parce qu’il a beaucoup de succès et ça les inquiète… »]

Alors qu’est-ce que vous pensez de cet extrait ?

Alors « il a trop de succès, ça les inquiète », alors je suis sceptique.

Après c’est le point de vue de Patrick Eudeline…

Je ne suis pas sûre que ce soit le succès qui inquiète.

Sinon c’est quoi selon vous qui inquiète, si ce n’est pas le succès ?

La décadence. Rien que sur Wikipédia. Allez sur Wikipédia et tapez « mouvement gothique » et vous allez voir les images des gothiques. Ça fait peur quoi. Il y en a un, il est maquillé comme une tête de mort avec des piercings partout, vous ne trouverez pas ça dans la rue quoi. Ça a un côté effrayant, les gens n’aiment pas être effrayés, sauf quand ils vont au cinéma pour payer leur place, mais être effrayé dans la rue quand on s’y attend pas, personne n’a besoin de ça. Alors le côté, oui « il fait peur », ben Marilyn Manson il fait peur. Alors Marilyn Manson pour le coup, c’est un sataniste. Alors lui typiquement, c’est le genre de personne qui véhicule des idées sataniques, etc. il se dit révérend sataniste, auto-stipulé.

Et comment vous le voyez justement Marilyn Manson ?

Comment je vois Marylin Manson ? J’aime bien ça musique. On ne peut pas s'arrêter juste à sa musique ? C’est-à-dire ? Comment je vois Marilyn Manson…

Quelles images vous avez des stars comme Marilyn Manson qui sont aux yeux du grand public et qui représentent le mouvement gothique ?

[réfléchi à la réponse]

Donc Marilyn Manson, il se drogue, il se vante de s’être fait enlevé ses propres côtes flottantes, enfin voilà. Il a un côté vraiment, enfin pour le coup mauvaise image voilà. Ça donne une mauvaise image, mais après c’est toujours pareil on juge quelqu’un plus par ce qu’il est plus que par ce qu’il fait. Sa musique est bonne. Stop, arrêtons, on écoute la musique et on arrête de regarder le personnage. Après il vend son truc aussi, le fait de choquer, d’être marginal avec tous les petits jeunes qui se précipitent dessus parce que ça veut choquer les parents. D’un autre côté Manson il a fait des trucs  sympas, c'est de la bonne musique. Souvent, pas tous ses albums.

Donc le deuxième extrait.

Happy New Year 2013

Tous mes meilleurs voeux pour cette année post-apocalyptique !

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Les mécaniques poétiques

Une exposition à ne pas manquer, en ce moment même, aux Champs Libres de Rennes: Les mécaniques poétiques par EZ3kiel.

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Du rêve, du bonheur, du Steampunk, du gothique, un univers inquiétant et magnifique qui rappelle l'exposition "Alice".

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Vous pouvez y aller sans soucis avec les enfants, même tout petit: la musique, les images projetées, les affiches, sont d'excellents stimulants et n'ont rien d'effrayant (contrairement, cette fois, au film trashouille gore diffusé devant les tapis de jeux des petits lors de l'expo "Alice"...c'est malin...)

   " L'exposition les mécaniques poétiques présente 12 installations numériques interactives, sonores et visuelles, imaginées par Yann Nguema EZ3kiel, à partir d'objets détournés. (...) De cette confrontation entre modernité et évocation d'un temps révolu, ont surgi ces objets étranges, hybrides, mélange de haute technologie et de manipulations proches de la magie."

3 euros l'entrée pour adulte.

Frankenweenie

Frankenweenie

Frankenweenie : à voir absolument.

Attention, cet article contient des spoils, mais pas trop. Si , comme moi, vous n'aimez pas les surprises et préférez en savoir plus sur le film que vous allez voir, lisez, sinon...hé bien, lisez aussi, mais après avoir vu le film.

ATTENTION : IL Y AVAIT ENCORE TROP D'ENFANTS DANS LA SALLE : Soyez responsables, n'y emmenez pas vos bouts d'choux, ça fait peur !!!

Donc, revenons à nos moutons : Frankeweenie. C'est peut-être d'avoir usé mes fonds de pantalon sur les bancs du festival d'animation ANIMA de Bruxelles...mais j'ai envie de dire : Whouhoua...là, y a du taff ! Du vrai, du beau, du bon, de la conscience professionnelle et des bouts de scotch à quat'sous. L'animation est superbe : mais comment font-ils pour donner du poids à une marionnette qui pèse cent grammes ?

Bon, comme mon truc à moi, ce sont les détails qui titillent, c'est parti pour la liste :

1 – Les « bugs » :

Quand Sparky, le chien, court sur l'herbe, les brins d'herbe bougent : pas facile d'articuler une marionnette de 15 centimètres au garrot sans remuer un peu les petits fils de laine imitation gazon. Le chien s'arrête : POUF ! Les brins d'herbe ne bougent plus non plus, comme si le vent cessait de souffler lorsque tout le monde est immobile (je vous propose d'essayer, un jour.) Ce détail a quelque chose d’émouvant, d'un coup on perçoit la dizaine de petites mains affairées derrière à triturer les fragiles marionnettes, dans le noir, la tête sous le projecteur, le teint blafard à force de ne plus voir la lumière du jour (si si, je vous assure : des animateurs, en vrai (on a le droit de dire « marionnettistes » ? ), ressemblent terriblement aux personnages du film : maigres, avec de très grands yeux et des cernes violettes...)

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2- Le bricolage :

J'aime à les imaginer tous, faisant leur Brainstorming autour d'une table ronde (dans le noir...) : Comment représenter de l’électricité ? Avec de petits fils de laine bien blancs courant à toute vitesse partout ! Hop, on pose un fil, hop, photo, hop, on enlève le fil, hop, photo : et vous avez de l'électricité. Comment représenter une boisson gazeuse à l'écran ? Avec de vraies petites billes qu'on agite en tous sens à chaque prise ! (Je ne vous raconte pas le travail et le doigté que ça doit demander). Ce « fait-main » a un charme qu'aucun ordinateur à mon sens ne pourra jamais donner, bien que je ne dénigre en aucun cas le travail des animateurs informatiques. (Je n'ai pas les termes exacts, m'en excuseront les puristes.)

3 – Les personnages et le scénario :

Tout simplement très très attachant. Cependant, me direz-vous, à chacun sa sensibilité. Pour ma part, j'ai retrouvé sur écran l'univers que j'ai dans la tête. J'ai rarement eu cette sensation (Merci Coraline : ben oui, ce sont toujours les mêmes qu'on retrouve (par contre, les gars , puisque vous nous avez fait le coup dans Coraline ET dans Frankenweenie : ce n'est pas parce qu'on est une Maman qu'on a forcement un gros derrière ! Regardez, moi, par exemple...heum...mouais...bon, okay, je n'ai rien dit...)

Nous avons : Igoooorrrr, l'éternel bossu  (qui m'a rappelé un film d'animation étudié à la fac en Arts du Spectacle « l'homme aux bras balants »: http://www.youtube.com/watch?v=X4PJB6XhJ_E), la créature de Frankenstein (tout raide avec une très légère cicatrice qui n’apparaît que sur un seul plan, il faut avoir l’œil^^) etc.

Ceci dit, je suis très enthousiaste parce que j'ai vécu le film de l'intérieur...j'ai entendu un gars dans la salle dire qu'il s'était presque autant ennuyé (ce n'était pas le terme qu'il a employéIncertain) que devant The Artist...encore un peu et il se prenait une New Rock dans la poire...

4 – Ed Wood :

Je n'ai pas compté le nombre de références à Ed Wood, mais il y en a. Pleins !

5 – Références littéraires Fantastiques :

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La famille du héros s'appelle les « Frankenstein ». Ils vivent en « Nouvelle Hollande ». Le maire s'appelle « Van Helsing » (comme le tueur de vampire dans Dracula de Stocker, ou dans le film éponyme que je vous conseille d'oublier aussi vite que vous l'aurez vu). Et, bien sûr, grosse référence à Shelley (Mary, écrivain de « Frankenstein »). Sur la télé, Martin Landau (encore du Ed Wood) en Dracula. C'est aussi Martin Landau qui double le professeur de Sciences. Une femelle caniche noire qui se retrouve transformée en Vampira  (Ed Wood, encore et toujours).

6 – Des références au processus de création du film en lui-même :

Première scène, Victor (alias Tim Burton, bien entendu, alias aussi Vincent...Price...que Tim Burton aime beaucoup et dont il s'est servi pour le court-métrage d'animation "Vincent" ...Vincent Price qui est transformé en prof de Physique, d'ailleurs, dans le film Frankenweenie...avec l'accent du dresseur de souris Russe dans Coraline) montre à ses parents (et en 3D, s'il-vous-plaît) une scénette qu'il a tourné lui-même, avec trois bouts de carton et des petits soldats (vous n'en avez pas marre du Ed Wood ? Non, parce qu'il est là aussi...), référence au film lui-même, fait avec de la laine et du fil de fer. Une phrase récurrente est « ce n'est pas grave, je vais arranger ça », relativement typique à mon sens (remarquez la distanciation...ça va, je suis assez loin là ? Vous me voyez encore?) des marionnettistes...et probablement de Tim Burton. Mais je vais peut-être trop loin. La petite fille au chat à ..(crottes ou boules de poils ? Je n'ai pas su définir) prémonitoires coiffe une poupée...afin de ne pas oublier que la vraie poupée, c'est elle, cette petite fille.

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Je n'ai pas retrouvé les petits fils qui animaient le mobile de souris sur la mini-porte de Coraline, ce système absolument effroyable de patience qui consiste à tirer avec de minuscules pinces de petits fils pour animer des objets très fins. Sur le poisson invisible, peut-être ?

Bon, je m'arrête là, vous m'avez compris : ma jauge de bonheur a explosé face à ce superbe film. L'animation a encore de l'espoir et un bel avenir devant elle, et c'est heureux.

Une petite video pour en savoir plus: http://www.dailymotion.com/video/xuqjrn_frankenweenie-decrypte-dans-cine-vie-l-emission-cinema-de-20-minutes_shortfilms

Bon film et à très bientôt !

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Elen valfae.

Un petit mot sur Fifilafée

Fifilafée, une illustratrice à découvrir !

Voici la couverture du roman "Ivoria" en format pdf:

Ivoria, couv

Ici, son blog que je vous invite à découvrir:

http://fifilafee.canalblog.com/

Bonne rentrée à tous !

Tribal Umrah Festival

Un pur moment de magie hier soir, au parc du Thabor à Rennes, en compagnie des plus grands. Le festival Tribal Umrah s'est achevé en beauté.

Pour la première fois, j'ai vu Rachel Brice en vrai... ça vous marque pour la vie, une rencontre pareille. Et en un sourire elle vous réconcilie en moins de deux avec votre propre féminité. Une vraie déesse.

(Une petite vidéo pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Rachel Brice)

Hazel, toujours aussi magnifique.

(La vidéo c'est juste pour le plaisir des yeux, car tout le monde connait Hazel, bien sûr. Non ? :) )

Un grand merci à tous ces artistes venus des quatre coins du globe nous faire des démonstrations.

A l'année prochaine, au plaisir de vous y retrouver: cherchez moi dans la foule, j'y serai.

J-B Monge

Et hop, mon premier contact avec Jean-Baptiste Monge.

Vous avez vu ses oeuvres quelque part, si si, je vous assure, mais peut-être sans savoir qu'il s'agissait de lui.

Par exemple ceci:

9782911684852-1-75.jpgou encore ceci:

monge-carte32.gifEncore un grand monsieur avec un sacré coup de pinceau, et encore un homme très gentil et généreux. Un talent à découvrir !

J'ai la chance d'avoir un superbe gnome fumant la pipe dédicacé, avec un joli "à la fée aux cheveux noirs" (c'est moi...) en inscription. C'est-y pas romantique, tout ça ?

Rencontre avec Brucero !

A Tréhorenteuc, (Val-Sans-Retour en Brocéliande, quelque part entre Ploermel, Mauron et Rennes) ce samedi 04/08/2012, avait lieu une séance de dédicace du célèbre Brucero. Il faisait dédicacer ses oeuvres:

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et

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En plus d'être bel homme et franchement gentil, notre illustrateur a un coup de crayon de génie. La mine danse en l'air avec aisance et se pose par touche furtive sur la page et hop, avant même que vous ne l'ayez réalisé et tout en papotant avec lui (oui, parce qu'en plus notre artiste a de la conversation...ça en devient franchement énervant, hein ? Mais rassurez-vous, il ne fait pas de jeux de rôles: personne n'est parfait) il vous a croqué une splendide fée en moins de deux.

Il sera au festival interceltique de Lorient ces jeudi, vendredi et samedi. N'hésitez pas à investir et à lui demander une petite dédicace: vous ne le regretterez pas.

Un grand merci à lui. Que c'est bon d'être en vie !