Neverland suite

 

Barrie – Inutile de voler mon journal pour me connaître mieux Marie.

Marie – Non. Je suppose qu'il m'aurait suffit de voir tes pièces. J'étais désespérément naïve quand je t'ai épousé. J'imaginais que les êtres brillants se réfugiaient dans un lieu secret où les bonnes idées flottaient dans l'air comme les feuilles d'automne (Référence au vol du pays imaginaire.) Et j'espérais qu'au moins un jour, tu voudrais m'y emmener avec toi.

Barrie – Ce lieu n'existe pas.

Marie – Si, il existe. Le pays imaginaire.(...)Je souhaitais seulement en faire partie.

Barrie – Je le voulais aussi, moi. J'ai essayé. Marie, j'ai toujours imaginé que nous vivrions de grandes aventures une fois qu'on serait ensemble.(...)

Marie – Tu étais toujours ailleurs (...) Assis à ton bureau en train d'écrire le regard perdu vers d'autres mondes comme si je n'avais pas existé. »1

 

Lorsque Sylvia, malade, ne peut pas aller au théâtre, Barrie va lui rendre visite. C'est là, à mots couverts, que Sylvia lui explique qu'elle aurait voulu qu'il devienne le père des enfants. Le tragique ici est très fort, puisqu'on devine déjà qu'elle va mourir sans que ce rêve ne devienne jamais réalité:

 

« Sylvia – Vous nous avez montré que pour changer les choses il suffit de les croire différentes.

Barrie – Certaines choses Sylvia, mais pas toutes.

Sylvia – Mais les choses importantes. Nous faisons semblant depuis quelques temps que vous faites partie de cette famille n'est-ce pas ? Vous avez fini par tellement compter pour nous tous. Maintenant, peu importe si c'est vrai. Et même si c'est pas vrai, même si ça ne le devient jamais, j'ai besoin de continuer à faire semblant... jusqu'à la fin, avec vous. »2

 

Sa préférence pour Sylvia par rapport à sa femme est sous-entendue dans le film grâce aux propos de Sylvia. Celle-ci, malade, dit à Barrie qu'il avait promis de lui parler du pays imaginaire, chose qu'il n'avait jamais promise à sa femme et pourtant dont elle semblait avoir toujours eu envie.

1Neverland, Chap.9

2Neverland, Chap.11






Conclusion:

 

Le film Neverland n'est pas complètement autobiographique, puisque tous les éléments dont il s'inspire non pas eu lieu dans la vie de James M. Barrie. Cependant, il retrace tout de même de nombreux événements réels. L'intérêt du film est ludique. Il s'agit de repérer dans le film les éléments réels dont s'inspire l'auteur pour créer sa pièce de théâtre Peter Pan. Ces éléments ne sont pas clairement montrés, ils sont sous-entendus. C'est aussi un film sur l'écriture, la façon dont l'imaginaire peut mener une vie, au point de faire oublier la vie réelle. A travers le personnage de Peter, c'est la formation d'un jeune écrivain et le processus de création qui est mis en exergue.

 

Mais c'est aussi et surtout un superbe hommage à J.M. Barrie, l'homme qui refusait de grandir. A la toute fin du film, Barrie nous est montré discutant sur un banc avec Peter, dans le parc où ils se sont rencontrés pour la première fois. Puis l'homme disparaît avec l'enfant, ne reste sur le banc que ce qui faisait de lui un homme, c'est à dire son parapluie et son chapeau. La fin du film termine sur les larmes du petit garçon, un ton tragique pour une vie de tragédie que fut celle de l'écrivain.

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