26 poèmes en prose

Chanson pour patineur :

Danse, fée, danse,

Sur la glace danse

Dans les airs danse

Tourne vole tournoi folle

 

Danse, fée, danse,

Insoucieuse enfance

Joue ton air et danse

Instrument d’une danse folle

 

Danse, fée, danse,

Sans soucis, sans larmes

Ignorant tes propres charmes

Instrument de mes désirs

 

Danse, fée, danse,

Bats toi contre le vent

Sans te soucier de mon tourment

Tourne vole tournoi folle

 

Pense, fée, pense

Que sur toi les regards sont de marbres

Qu’une seule femme connaît tes charmes

Cesse de tourner et commence à m’aimer

 

Pense, fée, pense,

Que plus tu m’ignores,

Plus je t’adore

Ignorante tu tournoies folle

 

Pense, fée, pense,

Que sous tes pas mon cœur se glace

Que dans mes bras est ta place

Ignorante tu tournois folle

 

Pense, fée, pense

Que si je ne t’aimais pas je cesserai d’aimer

Que si je ne t’aimais pas tu cesserais d’exister

Cesse de tourner et commence à m’aimer

 

Dans, fée, danse

Sur la glace de mon cœur

Ignorante de mon malheur

Tourne vole tournoies folle

 

Chanson pour se promener en forêt :

Lecteur mon amour, si tu te promènes

Du côté de la forêt de légende

Que l’on appelle Brocéliande,

N’oublies pas à ton tour qu’elle engendre aussi la peine.

 

Au bord du Val sans retour, si tu t’y promènes

En plein cœur de Brocéliande

Tu verras gravé sur le sol la marque de la légende

D’un chevalier et d’une reine.

 

Dans sa jeunesse elle ignorait encore tous les tourments de l’amour.

Du fond de l’eau il a surgit,

Nu,

Le corps luisant d’écailles étincelantes.

Du fond du lac il a surgit,

Nu,

Et la reine s’est faite amante.

Dans sa jeunesse elle croyait connaître l’amour.

 

Lorsqu’il quitta son corps,

Encore brûlant de fièvre,

Il sentit son remords

Le repousser au fond de l’eau.

La reine était promise.

Cet amour leur était à jamais interdit.

 

Dans sa jeunesse elle n’ignorait plus rien des tourments de l’amour.

Du fond de l’eau il l’a prise,

Nue,

Le corps luisant de perles étincelantes.

Du fond du lac il l’a prise,

Nue,

Et la reine s’est fait amante.

Dans sa jeunesse elle connaissait l’amour.

 

Lecteur mon amour, si tu te promènes

Du côté de la forêt de légende

Que l’on appelle Brocéliande,

N’oublies pas à ton tour qu’elle engendre aussi la peine.

 

Au bord du Val sans retour, si tu t’y promènes

En plein cœur de Brocéliande

Tu verras gravé sur le sol la fin de la légende

D’un chevalier et d’une reine.

 

Complainte de Phédre :

Il a les yeux vert.

J’étais persuadée qu’il avait les yeux noirs, je ne l’avais toujours vu que dans l’obscurité.

Ils sont verts.

Dorés lorsqu’ils regardent une lumière de face.

Gris lorsque c’est la lune.

La nuit lui va si bien.

Il plaît, et il le sait, mais n’en joue pas.

Ou alors, sans vraiment le vouloir.

Comme hier, il jouait avec ses cheveux dans la lumière des réverbères. De beaux cheveux bruns, fins et doux. Enfin, doux, c’est comme cela que je me l’imagine, il ne m’a jamais laissé le toucher. Je crois qu’il n’a jamais laissé personne le toucher, sauf une jeune fille, peut être, un jour.

Un fantôme, c’est intouchable.

Il jouait avec ses cheveux,

jouait avec ses mains,

de longues mains

fines et musclées,

qui caressaient la nuit en dessinant des courbes féminines.

Et il riait,

sa bouche esquissant la forme de la lune,

il riait comme on pleure, d’un rire cristallin et timide, fragile.

Ses lèvres sont rose baiser.

Il sait qu’il me plaît,

que le voir est pour moi à la fois une torture et un exquis bonheur que je goûte du bout des lèvres comme le sel sur ses joues, jamais il ne me laissera l’approcher d’avantage.

Il le sait, et il referme sa chemise, jusqu’au dernier bouton, quitte à s’étrangler. Comme si ne plus voir son torse allait calmer mes ardeurs.

J’aime tout chez lui.

Tout, même ses défauts. Oui, car il en a, je les connais bien, c’est ce qui le rend humain à mes yeux, c’est ce qui fait de lui un homme,

avec un passé, une histoire,

avec un cœur,

un esprit, un corps.

Les trois me plaisent,

pire,

me rendent folle.

Car je deviens folle.

Dans le silence, c’est sa voix que j’entend, douce et câline.

Dans les ténèbres, c’est son visage que je vois, son sourire inavoué et ses regards durcis par la tristesse.

Dans le sommeil, ce sont ses lèvres que je sens, elles qui ont goûté à la mort, qui l’ont embrassées plus profondément que je ne l’ai jamais fait.

Et sans cesse je sens sa présence, son esprit me hante.

Je deviens folle.

Ce n’est pas un caprice, je ne suis plus une petite fille, ce n’est pas un jouet que je ne peux avoir. C’est ma vie, ma vie que je ne peux pas vivre. Plus le temps passe, et plus il me manque. Plus il me manque et plus je me meure.

Il me manque, et je l’aime, à en mourir.

Crois-tu à l’amitié ?

Un jour tu m’as demandé

Crois-tu à l’amitié ?

Lorsque deux êtres se sont aimés

Tout peut-il redevenir normal ?

Où est-ce une situation fatale

De l’amour au cœur du Mal ?

J’ai levé mes yeux vers toi

Et mes yeux pleuraient.

J’ai posé mes mains sur toi

Tu étais glacé.

Je t’ai dit que j’étais là pour toi

Toujours je serais là pour toi

Et c’est la vérité.

Je t’ai dit que j’étais ton amie,

Toujours je serais ton amie,

Et ce n’est pas vrai.

Je t’aime.

Je n’ai cessé de t’aimer.

C’est pour toi que je vis

Pour toi que je respire

Encore et encore.

Je ne peux cesser de t’aimer

Tu me vois comme une amie

Et cela me fait souffrir

Désespérément fort.

Nous avons grandi

Tu as une femme et moi un mari

Je suis toujours ton amie

Et je pleure ces beaux jours

Où tu m’aimais d’amour.

 

 

Entre chien et loup :

La lueur a brillé dans les bois,

A la tombée du jour,

Deux lueurs se sont allumées dans les bois,

Deux yeux jaunes d’un loup sauvage.

J’ai avancé la main,

Tu m’as mordu.

J’ai avancé les lèvres,

Tu t’es enfui.

Je t’ai parlé,

Tu es revenu.

Je t’ai rassuré,

Tu m’as souri.

Tu es l’animal sauvage pour lequel mon cœur bat

Le péché mortel pour lequel je me damne

Toi le sauvage que j’ai réconforté.

Je suis rentré chez moi,

Il y avait mon loup,

Le domestique, le doux,

Le fidèle, l’aimant toujours.

La neige est tombée

A la tombée du jour

Et toi tu es passée.

Une louve te suivait.

Et j’ai crié.

J’ai pleuré.

C’était toi que je voulais.

C’était toi qu’il me fallait.

Et c’est pour elle que je t’ai domestiqué.

Je t’ai rendu ta sagesse, ta douceur,

Ta gentillesse, ton bonheur.

C’était pour elle que je l’ai fait.

Alors que je te voulais.

De rage j’ai mordu mon loup,

Lui l’aimable, le doux,

Et je criais mon désespoir

De t’avoir rencontré ce soir

A la tombée du jour.

Si tu étais resté sauvage,

Tu aurais été mien.

Définitivement inapprochable.

Mais définitivement mien.

C’était toi qu’il me fallait.

 

Je ne peux plus me passer de toi:

 

 

Tu es ma drogue

Je te désire jusqu'à la souffrance

Tes cheveux noirs

Tes yeux de loups aux reflets jaunes

Ton sourire doux

Tes caresses, tes mains douces sur mon corps...

Je ne peux plus me passer de toi.

 

Ta douceur, ta gentillesse,

Ta froideur, ton recul,

Tes faiblesses, tes forces,

Forgent l'amour que je te porte.

Je t'aime, et ne te le dirai jamais assez.

Je t'aime, et je ne peux plus me passer de toi.

 

Quand tu poses ta main sur ma joue

Je la respire et m'enivre

Quand tu poses tes lèvres sur les miennes,

Je bois ton souffle et m'envole

Quand tes larmes coulent contre mon cœur

Je goutte tes cheveux et ferme les yeux.

 

Mon oracle, mon devin,

Mon guide et mon disciple,

Ma force, ma faiblesse,

Mes chaînes, mes ailes,

Je t'aime jusqu'à la folie.

Je ne peux plus me passer de toi.

 

 

 

Monsieur le Comte

 

La légende raconte

Que monsieur le comte

Ne mourra jamais

Vivra pour l'éternité

 

La légende raconte

Que monsieur le comte

N'est jamais né

Apparu de l'obscurité

 

Mais, moi je sais,

Que rien de tout ça n'est vrai,

Oui, moi je sais,

Que le conte pourra m'aimer

 

La légende raconte

Que monsieur le comte

Vit dans un château hanté

Entouré de tous ses sujets

 

La légende raconte

Que monsieur le comte

Est possédé,

Qu'il méprise le clergé

 

Mais, moi je sais,

Que rien de tout ça n'est vrai,

Mais, moi je sais,

Que le conte viendra m'enl'ver

 

Un soir d'hiver, marchant dans la neige et le froid,

Sur le bord de mon balcon dans un souffle il apparaitra,

J'ouvrirai la fenêtre et me jetterai dans ses bras

Et vers l'immortalité le conte m'emmènera

 

La légende raconte

Que monsieur le comte

Seigneur Dracula

N'existerait pas

 

La légende raconte

Que monsieur le comte

Serait un tueur

Un Empaleur, un dictateur

 

Mais, moi je sais,

Que rien de tout ça n'est vrai,

Oui, moi je sais,

Que je ne mourrai jamais

 

Tic tac tic tac murmure la pendule

Tic tac tic tac, mes rêves brûlent.

 

Le masque de dorian gray

 

 

 

Fête qui tourne autour de moi, paillettes et cotillons, des lumières, des rires, des embrassades qui m'étreignent, des caresses, des compliments à en rougir, corps qui se frôlent, déclarations, alors pourquoi, mon masque, pourquoi?

Rire, volcan, sourire, cœur qui se brise, je saigne à intérieur, j'ai mal à l'intérieur, je pleure à l'intérieur, je meurs à l'intérieur, alors pourquoi, mon masque, pourquoi?

Les heures s'écoulent, les aiguilles tournent, le temps n'est qu'un mensonge, tout tourne autour de moi, je les écoute rire, je ris avec eux, et chaque éclat de voix me heurte avec violence, protège moi, mon masque!

Je crie, je hurle, ne m'aimez pas! Ne m'aimez pas! Mes mains sont pleines de votre sang! Ne m'aimez pas! Laissez-moi mourir! Laissez-moi souffrir, tomber, succomber, dans le noir, dans la spirale! Ho, comme vous devriez me haïr autant que je me hais! Cache-moi d'eux, mon masque!

Et moi, je vous aime! Je vous aime! Je vous aime à m'en arracher le cœur! Ma famille, ma meute, mon clan! Je vous aime d'un appétit féroce, sensuel, sexuel, dévoreur, dévorant, qui me dévore moi-même! Ho comme j'ai mal! Comme j'ai mal! Trop de colère en moi, trop de souffrance, trop d'horreur dans ma tête, mon cerveau grésille sous mon crâne, mes mains pleines de sang, mes mains pleines de sang!

Une ombre passe sur mon visage. Vos regards se détournent. Vous avez vu l'enfer briller au fond de ma pupille. Ne me laissez pas! Je remets mon masque. Et je comprends que jamais plus je ne pourrais l'enlever. Sous sa porcelaine écaillée, mes larmes coulent, emportant des lambeaux de ma chaire palpitante de douleur.

 

La souffrance du sept

 

S'il suffisait...s'il suffisait de le vouloir. De s'allonger, là, sur ce lit froid, de fermer les yeux, de se noyer dans les larmes, dans la douleur, pour que tout s'arrête. S'il suffisait de le vouloir pour réussir, s'il suffisait de le souhaiter pour avoir la vie devant soi, l'horizon souverain sous les yeux, la lune, le soleil, puis la lune à nouveau. S'enfermer, se recroqueviller, se replier sur soi-même, ne plus parler, plus jamais. Communication coupée. Ne plus entendre. Et pleurer, encore et encore, soulager ce cœur qui se noie. Mais il y a toujours quelqu'un, toujours quelqu'un, pour vous relever, vous rappeler des engagements pris un soir de désœuvrement, vous rappeler que c'est vous qu'on attendait, que c'est vous qui êtes aimé, et cette foule pendue aux lèvres, les bras tendus, les mains crochues, pendue aux lèvres, sur la langue, sur les cils qui palpitent et qui plient. Et c'est la haine qui vient, la haine et la colère, la peur, la souffrance et la peine. Et la foule qui attendait un rire, qui attendait une caresse, reçoit tout l'océan de rancœur caché dans les replis de la peau, l'amertume se déverse et brûle tout et tout le monde. On aurait mieux fait de vous laisser où vous étiez. De vous laissez pleurer.

 

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