Space invaders

7 novembre 2009

   Notre terre est envahie par les extra terrestres. Physiquement, ce sont des humains, mais ils ont quelques pouvoirs que nous n'avons pas: une agilité extraordinaire, une force surhumaine, télékinésie, télépathie... Pour eux, nous, les hommes, ne sommes qu'une espèce inférieure tout juste bonne à être réduite en esclavage. Mon rêve commence dans une vieille cabane perdue dans une forêt. Mon père est un petit vieux déjantée, ma mère est dans un fauteuil roulant, elle est sourde et muette. (J'ai vu « le fils de l'homme » il n'y a pas très longtemps. Les films que je vois ont une grande influence sur mes rêves. C'est pour ça que je me méfie des films d'horreur.) Mon père m'apprend qu'en fait, je suis le chaînon manquant entre les humains et les extraterrestres: j'ai moi-même quelques pouvoirs, mais vraiment très faibles comparés à ceux des aliens. Je peux lire quelques pensées, les plus fortes et les plus chargées d'émotions. Les aliens peuvent devenir invisibles en se cachant complètement dans les ombres. Moi je peux tout juste foncer ma peau, ce qui fait un camouflage de jour très médiocre, mais qui est suffisamment efficace de nuit. Les aliens ont des esclaves qu'ils ont enlevé sur une autre planète, ce sont des chiens gigantesques (cinq mètres au garrot), avec lesquels ils peuvent communiquer et qu'ils peuvent diriger. Moi je peux juste communiquer avec eux. J'ai pas mal de force dans les bras, je sais rester très longtemps sans manger, je suis douée en apnée, etc. Mon père me dit de partir me cacher dans la forêt, parce qu'à cause de mes pouvoirs, l'armée humaine me cherche. Les humains sont en guerre contre les extra terrestres, on ne fait pas de toute l'humanité un peuple esclave aussi facilement. Et, en effet, je vois par la fenêtre les phares des voitures qui clignotent à cause des arbres. Elles arrivent droit sur nous. Je teins ma peau la plus noire possible, mets des vêtements noirs (j'ai toujours mon long manteau de cuir noir et mes new rocks dans mes rêves...ce n'est pas malin, les new rocks ce n'est pas pratique pour fuir) et pars dans la forêt. Cachée dans un bosquet, je vois mon père sortir. Il se fait tirer dessus par un colonel de l'armée, qui oriente ensuite ses hommes dans la forêt. Ils couvrent le terrain avec leurs lampes torches. Je me tapis le plus possible dans un trou entre les racines d'un grand arbre, je me concentre pour être la plus noire possible. Les hommes passent à quelques pas de moi. Ils ne me voient pas. Le matin, ils s'en vont, persuadés que j'ai quitté le périmètre. Alors je me lève et je grimpe la colline que recouvre la forêt. Derrière, la colline redescend en pente douce et herbeuse. Je longe la prairie, et tombe sur l'un des gigantesques chiens aliens. Il est attaché à un poteau, blessé. Un groupe d'aliens (je ne sais pas comment je fais pour les distinguer des humains dans mon rêve, mais j'y arrive. C'est l'avantage d'être le narrateur omniscient dans son propre rêve: on sait tout. On ne sait pas comment ça se fait, mais on sait.) est en train de bivouaquer. Je m'approche du clébard. Je lui dis dans sa langue que je suis venue en amie, que je vais le délivrer et qu'on pourra se protéger l'un l'autre. Il acquiesce. Je le détache, il se rue sans prévenir sur le groupe d'alien. C'est un bain de sang. Puis il revient vers moi tout content, la gueule pleine de sang, en frétillant de la queue. Chacun de ses pas fait vibrer le sol. Je me dis que je n'ai pas choisi le partenaire le plus discret. On fait un bout de chemin ensemble, on croise des gens. J'apprends que le groupe militaire qui me cherchait s'est fait capturer par les aliens, qu'ils sont esclaves maintenant, sauf le colonel qui me cherche pour que je l'aide à délivrer son équipe. On m'emmène au colonel, dans un camp dans une autre forêt. Je suis d'accord pour l'aider, à condition qu'ensuite ses hommes et lui prennent le chien sous leur protection, et qu'il ait une belle vie. Le colonel accepte, et m'indique un endroit pas loin, dirigé par les aliens. C'est une université. Apparemment, les hommes seraient retenus prisonniers par là en tant qu'esclaves. Ils protègent l'université. Le problème c'est que ces hommes sont des brutes de combat. Il faut donc éviter de les croiser avant d'avoir trouvé comment les délivrer. Il me dit que le gymnase n'est pas protégé, il suffit qu'on y aille, qu'on grimpe sur le toit, et du toit du gymnase on peut sauter sur le toit de la fac et descendre dans la cour, noyau de l'architecture. Ellipse temporelle: On est dans la salle de sport. Le toit du gymnase s'élève à près de 25 mètres. Seule une corde permet d'y accéder, elle est à côté d'une trappe qui s'ouvre sur le toit. Le colonel n'a pas les capacités physiques de monter si haut. J'attrape la corde à deux mains, je m'agrippe avec les jambes et je grimpe les 20 premiers mètres aussi facilement que si ça avait été deux mètres. Les cinq derniers mètres me brûlent les mains, par contre. Je pousse la trappe, je grimpe sur le toit, je saute d'un toit à un autre, et je descends une échelle de barreaux jusqu'à la cour. J'entre dans une grande salle où il y a plein de monde. Des aliens. Je perçois que l'un d'eux tente de communiquer par télépathie avec moi. J'essaye de faire de même. Il vient me voir pour me dire qu'il n'a pas compris ce que je lui ai dit. Je lui réponds que j'ai une rhinopharyngite (ce qui est vrai, d'ailleurs, je sors juste d'une rhinopharyngite bien costaud). Il sourit, l'explication lui suffit. Une étudiante, jolie blonde toute mince, arrive vers nous en faisant: 

« C'est pas toi la nouvelle?

Je réponds que oui, elle me dit qu'il faut que je les suive, parce que je vais louper le cours d'Histoire. Je les suis. On passe devant des enfants qui font voler des mouches en plastique rouge par la pensée. Les mouches battent des ailes en l'air. Un des enfants me demande de jouer avec lui. Je refuse, mais ça a l'air de choquer les deux étudiants qui m'accompagnent. Refuser de jouer n'a pas l'air de se faire chez les aliens. Alors je force sur ma conscience et fais voler à dix centimètres au-dessus du sol une des mouches. Par contre, je n'arrive pas à la faire battre des ailes. Les enfants ont l'air déçu. L'étudiant avec moi dit:

- Ce n'est pas de sa faute, elle a une rhinopharyngite.

Les enfants acquiescent. Je remercie le destin d'avoir autant le sens de l'humour, et je continue à suivre les deux étudiants. On va dans un musée sur l'histoire des aliens. Là, je vois sur les images et dans les textes que tout a été trafiqué: on apprend aux étudiants que leur race a toujours été supérieure, que depuis leur création, ils sont doués de tous leurs pouvoirs. J'explique aux deux étudiants que c'est faux. Que leur théorie ressemble drôlement aux théories créationnistes complètement crétines humaines. Et que je suis la preuve vivante de l'évolution des espèces. Là, je m'aperçois que j'ai dit une bêtise, mais j'ai envie d'aller jusqu'au bout, juste pour voir ce qui se passera. Alors je leur avoue que je suis humaine, mais que j'ai des pouvoirs. Que leur espèce à eux a juste mille ans de plus que la nôtre, et que c'est pour ça qu'ils sont un peu en avance. Je suis la preuve que les pouvoirs des humains sont en train de ressembler aux leurs. Ils me croient, mais ils ne croient pas à l'évolution. Le garçon pense que je suis le fruit d'une expérience OGM humaine. La fille pense qu'un de mes parents est alien. Ils m'emmènent dans un labo et prélève un peu de mon sang. Ils l'analysent et s'aperçoivent qu'effectivement, je ne suis ni un OGM, ni une métisse. Alors, ils me croient. Je leur demande s'ils pensent qu'il faut que je révèle ça à tous les aliens. Ils me disent que non, mais que par contre, je dois le dire à un groupe d'amis à eux, qui me protégera. Petit à petit, nous pourrons agrandir le cercle aux gens de confiance. J'ai l'impression de devenir le nouveau Christ, ou le gourou d'une secte mais ça revient au-même. Je suis contente, l'avenir s'annonce intéressant, plein d'aventures. Et je me réveille, en me disant que je tiens un bon début de roman.

 

Après analyse, ce qui revient souvent est:

Le complexe de la race inférieure, qu'on peut lier au métissage (ma peau fonce, on pense que je suis métisse etc...)

L'évolutionnisme. Qui peut avoir un lien avec le point précédent, d'ailleurs.

L'autorité masculine: Ma mère est sourde, muette et en fauteuil roulant, c'est mon père qui se sacrifie pour me sauver la vie. Le colonel de l'armée: d'abord c'est l'ennemi, puis c'est celui qui me dit quoi faire et qui m'aide, celui à qui je dois rendre service. On retrouve encore la figure du père, divisée en deux figures: le père du rêve, qui a rendu service. Le colonel, à qui il faut rendre ce service. Le colonel est musclé, rapide, et a un ton autoritaire. Le père du rêve est gentil, doux, c'est celui qui protège et qui permet d'apprendre. Et enfin, le chien: C'est un gros mâle de cinq mètres de haut, puissant. Il est d'abord blessé et prisonnier, puis devient un guerrier puissant et protecteur. Le chien rassemble les deux figures: le père à qui il faut rendre service, et le père qui rend service.

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